Fiscalité · Revenus du capital · Optimisation IR
Flat tax ou barème progressif :
comment choisir la bonne option fiscale ?
La flat tax s’applique par défaut depuis 2018. Mais peu de contribuables savent qu’ils peuvent — et dans certains cas, doivent — opter pour le barème progressif de l’IR. Ce choix peut représenter plusieurs milliers d’euros d’écart selon votre situation. Dividendes, plus-values, intérêts : voici les seuils de bascule et les cas concrets pour ne jamais payer trop d’impôt sur vos revenus du capital.
Beaucoup de contribuables appliquent la flat tax par défaut sans jamais vérifier si l’option barème leur serait plus favorable. C’est une erreur silencieuse : elle ne génère pas d’avis de redressement, mais elle coûte chaque année plusieurs centaines — voire milliers — d’euros inutilement.
Flat tax : qu’est-ce que le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) ?
Depuis le 1er janvier 2018, les revenus du capital sont soumis par défaut à la flat tax, officiellement appelée Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Il s’agit d’un taux global de 30 %, qui se décompose en deux parties distinctes :
- →12,8 % d’impôt sur le revenu (IR)
- →17,2 % de prélèvements sociaux (PS), dont 9,7 % de CSG
Ce taux unique s’applique à la grande majorité des revenus du capital : dividendes d’actions, intérêts de livrets non réglementés, coupons obligataires, plus-values mobilières (hors PEA) et revenus de certains contrats d’assurance-vie. En pratique, le contribuable n’a rien à faire — la flat tax s’applique automatiquement. Cependant, chaque année lors de la déclaration de revenus, il peut décider d’y renoncer au profit du barème progressif.
L’option pour le barème progressif est globale et irrévocable pour l’année concernée. Elle porte sur l’ensemble des revenus du capital, pas seulement sur une catégorie. Il faut donc faire le calcul complet avant de cocher la case 2OP de la déclaration.
Flat tax ou barème progressif : le tableau de décision selon votre TMI
Pour déterminer quelle option est la plus avantageuse, il faut d’abord connaître votre Taux Marginal d’Imposition (TMI). En France, les tranches du barème IR 2026 sont les suivantes : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. La flat tax à 12,8 % d’IR est donc neutre uniquement si votre TMI est exactement de 12,8 % — ce qui ne correspond à aucune tranche. En réalité, le seuil clé se situe autour de 30 %.
| TMI | Intérêts | Plus-values mobilières | Dividendes | Verdict global |
|---|---|---|---|---|
| 0 % | Barème ✓ | Barème ✓ | Barème ✓ | Toujours barème |
| 11 % | Barème ✓ | Barème ✓ | Barème ✓ | Toujours barème |
| 30 % | Flat tax ✓ | Flat tax ✓ | À calculer* | Dépend des dividendes |
| 41 % | Flat tax ✓ | Flat tax ✓ | Flat tax ✓ | Presque toujours flat tax |
| 45 % | Flat tax ✓ | Flat tax ✓ | Flat tax ✓ | Toujours flat tax |
* Pour les dividendes à TMI 30 %, l’abattement de 40 % peut rendre le barème progressif compétitif. Voir le calcul détaillé ci-dessous.
Pourquoi les TMI 0 % et 11 % doivent toujours opter pour le barème ?
La réponse est arithmétiquement simple. Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, votre impôt sur les revenus du capital au barème progressif sera inférieur aux 12,8 % d’IR inclus dans la flat tax. Par conséquent, opter pour le barème vous permet d’économiser systématiquement sur la composante IR. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent quant à eux identiques dans les deux cas. En outre, avec le barème progressif, 6,8 % de CSG deviennent déductibles l’année suivante — ce qui renforce encore l’avantage.
Règle simple : si votre TMI est de 0 % ou 11 %, optez systématiquement pour le barème progressif. C’est toujours plus avantageux, sans exception. Pensez à cocher la case 2OP chaque année lors de votre déclaration.
Dividendes et flat tax : l’abattement de 40 % change tout le calcul
Les dividendes constituent le cas le plus complexe du choix flat tax ou barème progressif. En effet, lorsque vous optez pour le barème progressif, vous bénéficiez d’un abattement de 40 % sur les dividendes bruts de sociétés françaises ou européennes éligibles. Cet abattement réduit mécaniquement la base imposable — et peut rendre le barème compétitif même pour les contribuables à TMI 30 %.
📐 Exemple — Marc perçoit 10 000 € de dividendes bruts, TMI 30 %
Option A — Flat tax (PFU)
Base imposable : 10 000 €
IR à 12,8 % : 1 280 €
PS à 17,2 % : 1 720 €
Total impôts : 3 000 €
Option B — Barème progressif
Après abattement 40 % : 6 000 €
IR à 30 % : 1 800 €
PS à 17,2 % : 1 720 €
CSG déductible (−6,8 %) : −204 € (N+1)
Total impôts : ≈ 3 316 €
Verdict ici : la flat tax est légèrement plus avantageuse à TMI 30 %. Mais la frontière est ténue, et dépend du montant des dividendes, de votre revenu global et de l’éligibilité à l’abattement. En revanche, pour un TMI de 11 %, le barème est clairement gagnant même après calcul avec les dividendes.
Quels dividendes ouvrent droit à l’abattement de 40 % ?
L’abattement de 40 % ne s’applique pas à tous les dividendes. Il concerne uniquement les distributions régulières de bénéfices (dividendes ordinaires) de sociétés soumises à l’IS, françaises ou établies dans un État de l’Union européenne ou dans un pays ayant signé une convention fiscale avec la France. En revanche, certains revenus sont exclus : les acomptes sur dividendes, les distributions exceptionnelles hors bénéfices, ou encore les dividendes perçus via des holdings étrangères non européennes.
Un chef d’entreprise ou dirigeant qui se verse des dividendes depuis sa société a tout intérêt à simuler les deux options chaque année. Selon le montant des dividendes et son revenu global, le gain peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Cette simulation fait partie du bilan patrimonial annuel.
Plus-values mobilières : flat tax ou barème progressif selon l’année d’acquisition
Les plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de fonds) sont également soumises à la flat tax de 30 % par défaut. Ici, la logique est plus directe que pour les dividendes car l’abattement pour durée de détention a été supprimé pour les titres acquis après le 1er janvier 2018.
| Date d’acquisition | Abattement barème | TMI ≤ 11 % | TMI 30 % | TMI 41–45 % |
|---|---|---|---|---|
| Après le 01/01/2018 | Aucun | Barème | Flat tax | Flat tax |
| Avant le 01/01/2018 (2 à 8 ans) | 50 % | Barème | Barème possible | À calculer |
| Avant le 01/01/2018 (+ 8 ans) | 65 % | Barème | Barème | Barème souvent |
| PME de moins de 10 ans (avant 2018) | 85 % | Barème | Barème | Barème |
En pratique, si vous avez acquis des titres avant 2018 et que vous les détenez depuis longtemps, le barème progressif peut s’avérer très avantageux grâce aux abattements résiduels. Ainsi, pour des titres détenus depuis plus de 8 ans acquis avant 2018, un abattement de 65 % s’applique encore — ce qui rend le barème attractif même pour des TMI élevés.
Le cas particulier du PEA : ni flat tax, ni barème progressif
Les gains générés au sein d’un Plan d’Épargne en Actions (PEA) échappent totalement à la flat tax et au barème progressif de l’IR après 5 ans de détention. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. C’est précisément pourquoi le PEA constitue l’enveloppe de référence pour l’investissement en actions sur le long terme — l’économie fiscale est considérable par rapport à un compte-titres ordinaire soumis à la flat tax.
Intérêts et revenus obligataires : la flat tax est presque toujours plus avantageuse
Pour les intérêts — qu’il s’agisse de livrets fiscalisés, d’obligations, de comptes à terme ou de fonds en euros de certains contrats — le calcul est plus simple. Contrairement aux dividendes, les intérêts ne bénéficient d’aucun abattement spécifique au barème progressif. Par conséquent, dès lors que votre TMI dépasse 12,8 %, la flat tax est plus avantageuse pour cette catégorie de revenus.
📐 Exemple — Claire perçoit 3 000 € d’intérêts, TMI 30 %
Option A — Flat tax
IR 12,8 % sur 3 000 € : 384 €
PS 17,2 % sur 3 000 € : 516 €
Total : 900 €
Option B — Barème progressif
IR 30 % sur 3 000 € : 900 €
PS 17,2 % sur 3 000 € : 516 €
CSG déductible (N+1) : −61 €
Total : ≈ 1 355 €
Verdict : la flat tax économise ici 455 € — soit +50 % de différence. Pour les intérêts, l’option barème est quasi systématiquement défavorable dès TMI 30 %.
Comment choisir concrètement : la checklist pour ne pas se tromper
Désormais que vous connaissez les mécanismes, voici comment prendre la bonne décision chaque année. Rappelons d’abord que l’option est globale — elle porte sur l’ensemble de vos revenus du capital, pas seulement sur une catégorie. C’est pourquoi il est indispensable de faire le calcul complet avant de cocher la case 2OP.
✅ Flat tax (PFU) — quand la conserver
La flat tax à 30 % est plus avantageuse si…
- Votre TMI est de 30 % ou plus
- Vos revenus du capital sont majoritairement des intérêts
- Vos plus-values concernent des titres acquis après 2018
- Vous percevez des dividendes non éligibles à l’abattement 40 %
- Vous souhaitez éviter la complexité de la simulation annuelle
La bonne pratique : faites simuler les deux options chaque année par votre conseiller ou directement via votre déclaration en ligne (l’administration fiscale propose un outil de simulation). Ne laissez pas la flat tax s’appliquer par défaut sans avoir vérifié. Sur 5 ans, l’enjeu peut dépasser 5 000 à 10 000 € selon votre situation.
L’assurance-vie : un cas particulier hors flat tax classique
Les contrats d’assurance-vie de plus de 8 ans bénéficient d’un régime fiscal spécifique : les gains sont soumis à un PFU de 7,5 % d’IR (et non 12,8 %) dans la limite de 150 000 € de versements, puis à 12,8 % au-delà. Le barème progressif reste optionnel ici aussi, mais l’avantage de la flat tax réduite à 7,5 % est souvent décisif — surtout pour les TMI élevés. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’assurance-vie reste un pilier de toute stratégie d’optimisation fiscale bien construite.
Questions fréquentes sur la flat tax et le barème progressif
La flat tax, ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), est un taux fixe de 30 % appliqué sur les revenus du capital depuis 2018. Il comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il s’applique par défaut sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières hors PEA.
Oui. Chaque année, vous pouvez opter pour le barème progressif de l’IR en cochant la case 2OP de votre déclaration de revenus. Cette option est globale : elle porte sur l’ensemble de vos revenus du capital pour l’année en question. Elle ne peut pas être partielle (par exemple uniquement sur les dividendes).
Pour les revenus d’intérêts et les plus-values sur titres acquis après 2018, la flat tax est plus avantageuse dès TMI 30 %. Pour les dividendes, le calcul est plus nuancé grâce à l’abattement de 40 % : le barème peut rester compétitif à TMI 30 % selon les montants. Aux TMI 41 % et 45 %, la flat tax est presque systématiquement préférable.
Oui. En cas d’option pour le barème progressif, 6,8 % de CSG sur les revenus du patrimoine deviennent déductibles de votre revenu imposable l’année suivante. Ce mécanisme réduit légèrement l’imposition globale, mais ne suffit généralement pas à compenser le surcoût fiscal pour les TMI de 30 % et plus — sauf cas particuliers avec abattements.
Non. Les gains réalisés dans un PEA après 5 ans bénéficient d’une exonération complète d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. La flat tax ne s’applique donc pas aux plus-values et dividendes générés au sein d’un PEA — c’est l’un des principaux avantages de cette enveloppe.
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Vous payez peut-être trop d’impôt sur vos revenus du capital
La flat tax s’applique par défaut — mais elle n’est pas toujours la meilleure option. Un seul calcul peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros par an. Faisons le point ensemble lors d’un bilan offert.
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