L’épargne des Français en 2025 : réflexes ou stratégie ? | Sextant Patrimoine
Épargne des Français · Comportement · Bilan 2025

82 % choisissent le livret.
Est-ce vraiment une stratégie ?

En 2025, les Français n’épargnent pas mal — ils épargnent en sécurité. Mais ce qui rassure ne fait pas toujours progresser. Tour d’horizon des habitudes réelles et de ce qu’il faudrait vraiment arbitrer.

Par Baptiste Daudier Sextant Patrimoine Lecture : 5 min
82 %
des Français épargnent
sur un livret en 2025
🌿
192 Md€
collectés par l’assurance-vie
en 2025
📈
17 %
seulement investissent
en Bourse en 2025
« Je garde une grosse partie sur mes livrets. Au moins, je ne prends pas de risque. »
— Un client, lors d’un premier bilan patrimonial

C’est compréhensible. C’est même rationnel à court terme. Mais en gestion de patrimoine, ce qui rassure ne fait pas toujours progresser. Et dans un contexte où l’inflation érode silencieusement le pouvoir d’achat de l’épargne dormante, le vrai risque est peut-être celui qu’on ne voit pas.

Ce que choisissent vraiment les Français

Voici la photographie des usages d’épargne en 2025, du plus répandu au plus marginal :

Livret d’épargne Livret A, LDDS, LEP, livrets bancaires
82 %
🌿
Assurance-vie & PER Épargne longue, optimisation fiscale
19 %
🌊
Bourse Actions, ETF, PEA, compte-titres
17 %
🏗️
Immobilier diversifié SCPI, SCI, pierre-papier
Marginal
Crypto-actifs Bitcoin, Ethereum et autres
Minorité

Sources : Baromètre AMF / Ifop 2025 · France Assureurs · Banque de France. Données illustratives sur les usages déclarés d’épargne des ménages français en 2025.

⚠️
Le livret : confort immédiat, coût invisible
Le Livret A a servi 2,4 % en 2025. L’inflation française a oscillé autour de 1,5–2 %. Le rendement réel — après inflation — est donc quasi nul, voire négatif sur les livrets ordinaires non réglementés. Garder de grosses sommes sur livret ne supprime pas le risque. Cela déplace simplement le risque vers l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat.

L’assurance-vie et le PER : une progression significative

Malgré la domination du livret, deux enveloppes continuent de progresser dans les habitudes des épargnants — et ce n’est pas un hasard.

192,1 Md€
Collecte brute assurance-vie 2025Soit +50,6 milliards de collecte nette sur l’année — un signe fort de la confiance durable des épargnants dans cette enveloppe.
PER ↗
Plan d’Épargne Retraite en croissanceLe PER assurantiel continue de progresser, porté par ses avantages fiscaux à l’entrée et sa complémentarité avec l’assurance-vie pour la transmission.
Pourquoi l’assurance-vie résiste et s’impose
L’assurance-vie offre ce que les livrets n’ont pas : une fiscalité allégée après 8 ans, un cadre de transmission hors succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, et la possibilité d’accéder à des unités de compte (actions, SCPI, ETF…) avec une enveloppe fiscale optimisée. C’est une enveloppe, pas un produit — et c’est précisément sa force.

La Bourse : 17 % — et les autres ?

Seuls 17 % des Français investissent en Bourse. Ce chiffre révèle un paradoxe : les marchés actions sont souvent cités comme trop risqués, alors qu’ils constituent historiquement l’un des meilleurs moteurs de création de richesse sur le long terme — à condition d’investir avec méthode.

📊
Le paradoxe de la perception du risque
Un épargnant qui garde 50 000 € sur Livret A depuis 5 ans perçoit intuitivement « zéro risque ». Pourtant, sur la même période, un ETF MSCI World aurait multiplié son capital — tout en traversant des phases de volatilité. Le risque n’est pas uniquement dans la variation : il est aussi dans l’immobilité. Ne pas choisir, c’est déjà choisir.
⚓ · · ·

Les Français n’épargnent pas mal. Ils épargnent par réflexe.

L’analyse de ces chiffres ne conduit pas à un jugement négatif sur les comportements des épargnants. Elle révèle quelque chose de plus précis :

Pourquoi les réflexes l’emportent souvent sur la stratégie

La disponibilité avant toutLe livret est immédiatement accessible. Cette liquidité rassure — même quand elle n’est pas nécessaire à court terme.
La simplicité gagneOuvrir un livret prend 5 minutes. Construire une allocation diversifiée demande un diagnostic, du temps et souvent un accompagnement.
La sécurité perçueLe capital garanti est rassurant. Mais la garantie sur le nominal ne protège pas contre l’inflation ni contre le coût d’opportunité.
L’absence de cap clairSans objectif précis (retraite, transmission, projet), difficile d’arbitrer vers des placements de long terme.

Organiser son épargne : trois principes concrets

Un patrimoine solide ne repose pas sur un seul choix. Il s’organise en couches, en fonction des horizons et des objectifs :

1
Court terme · 0–3 ans
La liquidité pour le quotidien
3 à 6 mois de dépenses courantes sur livret réglementé. Pas davantage. C’est la base — pas la stratégie.
2
Moyen terme · 3–8 ans
L’optimisation fiscale pour le rendement net
Assurance-vie, PER : l’enveloppe fait souvent autant que le placement lui-même. Deux portefeuilles identiques peuvent produire des résultats nets très différents.
3
Long terme · 8 ans et +
La diversification pour traverser les cycles
Actions, immobilier, actifs décorrélés. Les marchés changent d’année en année — une allocation diversifiée traverse les cycles sans subir les modes.

Votre épargne suit-elle une stratégie claire… ou simplement une habitude ?

🧭

30 minutes peuvent changer votre trajectoire

Si vous souhaitez organiser votre épargne pour avancer sur vos projets et prendre de meilleures décisions, parlons-en. Un bilan patrimonial permet d’identifier les optimisations concrètes — et d’éviter les erreurs les plus coûteuses.

Prendre rendez-vous →
Sextant Patrimoine · Sur mesure. Clair. Humain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut